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Le Salon-kei

Posted by Sairen on August 25, 2012 at 5:15 PM

サロン系

Le salon kei


Bonjour, je reviens après une longue absence pour un article dédié à la mode masculine, je vais aujourd’hui vous présenter le Salon kei : tout un programme !

Le nom ne vous est sûrement pas familier mais je suis certaine qu’après avoir vu quelques photos vous allez comprendre de quoi je parle.

Non. Le salon kei ce n’est pas l’art de s’habiller avec les rideaux de votre grand-mère ou d’être raccord avec son canapé… Le Salon kei ou biyoushi kei désigne une tendance bien plus « IN », si je puis me permettre de m’exprimer ainsi.

Le terme Salon kei est assez large et il est difficile de définir ses limites très clairement. Commençons donc par l’origine du terme,« Salon » désigne les salons de coiffure, car ce style c’est celui des coiffeurs tokyoites. Ça parait un peu étrange dit comme ça, le style coiffeur, mais rassurez vous je ne divague pas, ce style existe bien et il est représenté par de nombreux magazines. Peut être connaissez vous le magazine Choki choki (onomatopée du bruit des ciseaux de coiffeurs) ou encore les magazines Popeye ou Mens’ nonon ? Voici les lectures indispensables aux amateurs de ce look.


Je suis un peu mal à l’aise de vous dire LE style salon kei car en réalité il correspond à des dizaines de sous tendances. Ce style reflète avant tout un état d’esprit.

Le phénomène a pris place dans les salons de coiffure des quartiers chics de Tokyo comme Omotesando ou Daikanyama. Beaucoup de jeunes hommes passionnés de mode choisissent la voie de la coiffure au Japon. La particularité du style salon kei c’est qu’il mixe le neuf et l’ancien, le luxe et le prêt-à-porter, le féminin et le masculin. Ce style présente une grande liberté et il ne correspond pas vraiment à une sous culture majeure, on peut considérer cela comme la tendance à suivre pour être à la mode au japon. Les magazines emblèmes de ce style sont Choki Choki et Popeye pour ne citer qu’euxet le plus célèbre représentant de cette tendance est le charismatique Yuya Nara, coiffeur star du salon Shima. Le style salon kei pousse le soucis du détail très loin, c’est un style très méticuleux avec un goût du beau et de la qualité. Le vintage est très apprécié pour ce style, de même que les pièces de créateurs ou les articles de luxe. Le coiffeur d’Omotesando typique porterait sûrement une veste cintrée Dior homme noire avec un t-shirt Uniqlo (le h&m japonais), un foulard emprunté à sa copine, un jean près du corps, des accessoires vintages et des chaussures de créateur en cuir avec bien sûr la dernière coupe de cheveux à la mode. Le but est d’avoir un style unique tout en étant élégant.

Je vais aller un peu plus loin en définissant certains des « sous styles » du Salon Kei et plus généralement quelquestendances majeures de la mode masculine japonaise.

- L’outdoor (plein-air en français)



C’est un style qui n’implique pas un fort investissement financier mais qui je l’avoue m’a toujours troublé. J’ai bien peur que ce style n’apparaisse jamais dans nos contrées. Il intègre les vêtements de sport pour les activités de plein air type randonnées en montagne. C’est une tendance assez récurrente, on voit souvent les motifs des pulls jacquard, ce sport wear a été adapté et détourné afin d’en faire quelque chose de plus facile à porter dans la vie de tous les jours.

Grosse chaussettes, chaussures Timberland, doudoune sans manche ou encore des leggings épais avec un short large, de la laine, des sacs à dos, des cols tubes...

Étrangement, quand c’est des japonais aux coupes de cheveux étudiées au millimètre près et à la peau parfaite … ça fait plus cool que sur Gérard, notre moniteur de ski… on se demande pourquoi…

-L’american casual ou amekaju


Pour certain le nom parle de lui-même, pour les autres je vais tout de même expliciter. L’amekaju comme son nom l’indique est un style qui s’inspire de la mode américaine. Les vêtements sont décontractés, du sportswear style grande université : sweater à capuche, t-shirt à logo,une casquette, veste teddy (celle que le boyfriend qui est dans l’équipe du lycée porte dans les séries US). Jeans ou pantalon en toile épaisse dans des tons neutres avec une chemise à carreaux rouge et une paire de converse. Ce style n’a pour une fois rien d’androgyne ni de très élégant à vrai dire, les vêtements sont relativement amples. Mais dans le Salon kei on en vient toujours à une coordination assez recherchée même si dite « décontractée ». être faussement macho rebelle ça fait toujours cool au Japon.

-L’ojiboy


Oji c’est le prince, ne voyez pas dans l’oji boy du Salon kei une exubérance aussi lourde que dans les styles host ou aristocrate rori. Ici, on utilise la touche princière avec parcimonie pour rester un brin crédible tout de même. Ça ne doit pas paraître trop luxueux ou chargé, il convient donc de casser un peu ce style en le mixant avec d’autres vêtements de sous catégories plus masculines. Ce style convient bien sûr aux carrures fines et aux visages enfantins. Je l'appellerais plutôt le style fils de bonne famille, avec un gilet, des chemises longues, des accessoires en cuir usé, des mocassins à glands, un foulard, des lunettes écailles de tortue, casquette de titi parisien, du tweed, de jolis vestes élégantes un brin country club. Il s’agit donc d’un style élégant plutôt retro d’inspiration européenne.

 

-Le style UK



L’inspiration vient du Royaume-Uni, encore du old school avec beaucoup de fripes. On retrouve bien évidement le tweed, des chapeaux en feutre (bowl hat surtout), les sacoches en cuir, sous pull col roulé, trenchcoat ou chester coat, polo, vêtements de golf et surtout le motif argyle (sorte de tartan en losanges). Ça peut aussi désigner un style beaucoup plus rock inspiré du punk : perfecto, motif union jack, doc martens ou creepers avec des skinny jeans. La mode Londonienne reste une forte influence pour le Japon au même titre que la mode parisienne.

- le style street


Inspiré du style skateur américain, le style street est vraiment décontracté. Dans les ruelles de l’Ura-Hara il n’est pas rare decroiser des skatteurs au look très étudiés, souvent des vendeurs ou des coiffeurs qui profite de leur pause ou de la fin de la journée pour déconner avec les autres commerçants du quartier. Bermuda, ceintures cloutés,chaussettes à mi-mollet, vans / all star, t-shirt à logo, casquette de base-ball ou bonnet en laine (bennie), Wayfarer, veste teddy,  et cheveux longs. On oublie le sac à mains ou les accessoire trop girly, on préfère une besace et le poil aux pattes apparent. Le style street peut aussi représenter une inspiration plus hip-hop propre au melting pot musical d’harajuku.

- Preppy


Le total look preppy est plus rare, en général c’est par touche : une veste d’uniforme scolaire par exemple. On y retrouve les chaussures bateaux, les pantalons chino (un must-have de cette année), des marques comme Tommy Hilfiger ou Ralph Lauren, on peut oser le nœud papillon et les bretelles n’ayez pas peur de faire votre hipster, des écussons en veux tu en voilà, des cardigans, des petites chemises de gendre parfait. Enfin bref encore un style bien viril comme les japonais adorent !

- Military


Encore une fois, on s’inspire des USA avec les attributs propres aux militaires, comme c’est un univers très masculin on le casse toujours avec des éléments plus élégants ou féminins. Les tons sont très sombres, l’inévitable kaki, du brun, des motifs très rares. Le salon kei c’est avant tout l’art de mélanger les styles et les genres alors le total look GI joe est peu envisageable… quoi que

 

J’aimerais maintenant vous parlez brièvement des acteurs principaux de ce style, qui sont les leaders ? Où peut-on trouver l’inspiration pour adopter ce style ?



Les modèles de chokichoki (Nagai publishing) ont un nom, les “oshare king” (oshare on pourrait le traduire par « stylé »,porté sur l’apparence). Ils sont pour la majorité issus du milieu de la coiffure (modèle de coiffure ou coiffeur). Choki Choki reste là seule vrai référence du Salon Kei, le magazine a déniché de nombreux talents et il procède souvent à du « MoHan » (contraction de Model hunting) à Omotesando, véritable fourmilières à Freeters en quête de popularité qui, le cul posé le long de l’avenue d’omotesando, attendent leur heure de gloire.

Le plus célèbre des Oshare King étant Chiba Yudai qui ajoué dans ouran host club (le drama).


Les critères pour être King sont assez bien définis,avoir un joli sourire qui reflète une personnalité joyeuse et énergique, une belle peau, une coiffure toujours soignée, une belle carrure et des traits fins, un style recherché. Faire du shopping au moins trois fois par semaine, et dépenser la moitié de sa paye en vêtements et accessoires est aussi un must-have.

 Il existe aussi la version féminine du magasine (choki choki girls).

 

On peut aussi considérer que des magazines comme Popeye s’intègre dans la culture salon kei, cependant leur cible est plus large et leur réputation à l’internationalest bien plus solide. On y trouve plus de modèle étranger ou half (moitié japonais) et une plus forte présence de marques étrangères.


Une figure emblématique du style Salon kei est le coiffeur star et directeur artistique du salon SHIMA d’omotesando, Yuya Nara, souvent appelé Nara-sama. Yuya, ce n’est pas seulement un coiffeur mais bel et bien LE it boy tokyoite, il évolue dans les sphères les plus hype de la mode japonaise et est considèré comme une icône de la mode masculine. Son style est unique mais pourtant pas si extravagant, sa marque de fabrique c’est bien sûr sescheveux longs, rasés sur les cotés. On vient de l’autre bout du Japon pourse faire coiffer par lui, et les plus grandes stars internationales sont déjà passées sous ses ciseaux ( Jeremy Scott, Lady Gaga, les sœurs Olsen etc). Souvent entouré d’une demi dizaine de jolies blondes autour de lui, Yuya est aussi une figure emblématique de la nuit Tokyoite et joue les dj avec sa collègue Sachiko et traîne avec la bande du Tokyo Dandy, ses amis se trouve toujours être des modèles à la mode ou des stylistes montants. Aujourd’hui, il est indéniablement le coiffeur le plus connu du Japon, il a fait ses preuves entant que fashionista dans le magazine choki choki. 


Pour conclure, on ne peut pas vraiment dire qu’on puisse s’affirmer du style salon kei aussi facilement qu’on peut dire « je suis Gyaru-o ». C’est plutôt un état d’esprit et une façon d’aborder la mode qui est propre à une génération de fashionista très pointue et assez ouverte aux influences extérieures. Pour certain, c’est sûrement le reflet d’une jeunesse superficielle et de la féminisation croissante des hommes japonais (metrosexuel, herbivore/carnivore, le débat est ouvert). Quoi qu’il en soit il est bon, lorsqu’on s’intéresse à la mode, de ne pas ignorer le salon kei et ses acteurs car la mode de demain naît souvent du coté d’omotesando, gardez l’œil ouvert si vous voulez être à la page !

 

Lien utile

Street snap de Choki Choki

Chaine de  nagai publishing

Chaine de kirari (magasine de coiffure)


 

écrit par SAIREN

Categories: Styles et tendances

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